Mardi 07 Août 2007
Ne vous inquiètez pas pour les titres c'est juste que je deviens de plus en plus con.
A faire une fois dans sa vie mais pas plus (quoique...).
Et même après tout ce que cela nous a coûté, je le dis sans amertûme. Je n'ai également aucune honte de dire que c'était une vraie épreuve personnelle, extrêmement ardue (surtout pour le fumeur que je suis) et même pour ceux bien entrainés et équipés.
Gare de Shinjuku sortie Est -> 5ème station du Mont Fuji (on commence pas d'en bas vous êtes barjos !) à 2300 m et des catapultes (et 5800 Y accessoirement ;-P) 2 heures de trajet aller insoutenable car bus plein de beaufs frenchies à paquerettes adeptes du KALC (cf article plus bas) du cosplay et des "ouai t'as vu ce qu'on a descendu comme bierres au Hub de Shibuya !!!". Un moment comme on déteste en vivre surtout avant la grimpette de sa vie... ennnnnfin bref !
Arrivée à la dite station à 22h, début de la montée à 22h15 avec le groupe des Winners de Yôga (kiss kiss all of you) et l'aventure peut commencer. Sans étirements parce que décidement j'étais trop con ce soir là, sans rien, vêtu uniquement d'une peau de bête XXL qui ferait passer Chabal pour un bisounours, on suit à tatons, lampe au front (sauf les filles parce qu' elles n'avaient pas pensé à en prendre ces gourdes !) le chemin qui s'étend devant nos pieds (ça peut mener loin ces conneries). On passe le grand Torii, ça grimpe, ça descend (?) et ça continue de descendre à tel point qu'on se demande ce qu'on fout là. Mais c'est bien par là. Après une tchatche de 2 mn 50 avec un groupe de quadras japonais qui rigolent de mon accent et nous adoptent comme fils et filles, nous continuons le périple.
Je voudrais faire une pause dans le récit car d'une c'est super long, de deux j'ai mal aux yeux vu que je viens d'éplucher des oignons et de trois c'est vraiment trop épique pour que je me justifie d'en rajouter des tonnes. Faites le et vous verrez bien si je déconne dans ma description grandiloquente tas de mous !
On se retrouve sur la piste caillouteuse à souhait sous les arbres, seuls au monde, comme la suisse sans ses fameux produits d'exports (montres, chocolat, paradis bancaires et fiscaux, tableaux et argenteries dérobés aux juifs en 40 etc...), on trébuche sur le chemin volcanique où évidement les pierres ne peuvent jamais avoir la taille qu'il faut pour ne pas niquer les pieds ! mais on se félicite d'avoir fait confiance à Decathlon avant de partir car pour 19€ on a l'impression de n'avoir presque pas trop mal aux péniches... (je bénie aussi Sainte Randonnée pour ses conseils juteux).
Et soudain ! (je suis super théatral je sais ne le dites pas.. -_-') aux abords de la 6ème station (2700 m) la route s'enrichit malgré elle de superbes marches taillées dans le volcan d'une hauteur à stopper Serguei Bubka (50 cm en vrai). Ca casse les jambes qui n'en peuvent déja plus (eh oui 200 m de denivelé de nuit avec l'oxygène qui se barre à vitesse TGV ça crame facile) mais ce n'est malheureusement qu'un début étant donné qu'il reste 1076 m à se goinfrer environ.
Les cuisses en feu et l'oeil agard (on est partis devant avec Thibaud vu que les filles nous ralentissaient :D) on attaque la 3ème étape : l'escalade sur rocher coupant comme un Gillette Turbo Mach 12. J'ai invoqué le dieu singe et Saint Spiderman pour me venir en aide. La Force était avec moi Luke... mais bon je suis toujours pas un jedi. On maudit la montagne sacrée et sa propre personne d'être assez timbré pour avoir eu la merveilleuse idée de faire cette ascension. Et quand on pense ne pas être loin du sommet on se rend compte qu'on a monté seulement 50 pauvres mètres. Je n'ai pas de photos pour illustrer (car de nuit ça aurait pas servi à grand chose et mes mains étaient mieux occupées) mais sachez que sous les conneries que j'écris, la vérité est que vous n'avez pas la moindre foutue idée de l'exigente forme physique recquise à l'accomplissement de tout ceci.
Les stations s'espacent (et ma respiration aussi) et on continue comme des zombis. Vers 3400 m je m'effrondre inconsciement, perte de repère de 2 secondes et je me mange la plus grosse part de tarte au caillou de toute ma vie. Les genoux pleurent et un japonais me ramasse "Daijôbu ka ("ça va ?")" me demande t-il. Trop dead pour lui répondre correctement je lui baragouine un remerciement "Tasukete kurete arigatô". Je tremble de partout en me relevant et Thibaud m'a mis 50 m dans la face. Je poursuis tant bien que mal avec les poumons prêts à cracher l'Apocalypse et le coeur qui danse le twist.
On arrive en haut avec Thi² vers 02h30 du mat (4h15 de montée en gros) je rampe sur la dernière marche et vois au loin une lumière aussi aveuglante que les spots de pub japonais. Tenez vous le pour dit, au Japon sur le Mont Fuji ils ont mis des distributeurs de © Coca~Cola (?!!! ne cherchez plus...) mais à 500 Y la teille ça fait mal. Fin bon on fait les princes et on s'en paye une parce que le manque de sucre se fait ressentir.
On doit maintenant attendre l'ouverture du refuge 1h15 plus tard dans le froid (-10° avec le vent) alors on se pelletone l'un contre l'autre à la sauce West Coast en attendant la présence réchauffante de nos femmes respectives qui tardent à rapliquer. Des minutes éternelles sous le ciel étoilé du Mont Fuji.
Le refuge ouvre, on se précipite et même payer 800 Y pour un pov' bol de Miso Ramen ne me fait pas peur. Blandine s'endort, moi j'essaye de resister à la nausée envahissante (mais je n'ai rien laché ^^ j'suis trop fier de wam) et plonge dans un sommeil de 5 mn (j'aurais aimé plus mais le patron du bouclar à voulu se la jouer Barracuda en me secouant comme une fajitas Ol Del Passo et me gueulant qu'on ne pouvait pas dormir ici... ce sur quoi dans un élan de xénophobie incontrolé je lui répondis promptement "eh mais quest ce que tu fous Tchang !" [la fatigue m'avait fait oublier que j'étais au Japon et non en Chine]).
Après avoir vu ce pour quoi nous étions venu (oui il y avait un but autre que le fait de se déglinguer à vie, le lever de soleil) et avoir maudit une fois de plus le froid qui a vidé les batteries de mon EOS, nous repartons vers 7h.
Après 20 mn de descente j'exprime toute la joie que j'avais jusqu'alors contenu "putain de montagne !" car elle me saborde les genoux, que je regrette vivement d'avoir fragiles. Atroce c'est le mot qui me vient à l'esprit tout les 50 m et je l'avoue... je me suis plaint toutes les 10 mn car je n'en pouvais vraiment plus. Mais bon on prend sur soi et on finit le parcours du combattant sur les dents parce que les rotules sont déja brisées (ainsi que le coccyx, qui finira écrasé et luxé (radiographie à l'appui)).
C'était vraiment intensement dur et je m'en rappelerai toujours quoiqu'il arrive, j'en rigole aujourd'hui et malgré les souffrances causées je suis heureux de l'avoir fait, aussi bien accompagné. Les souvenirs n'ont jamais autant de prix que lorsqu'ils coûtent cher.
HAPPY !
Fuji San
